De Marivaux

Cie Les Amis de Monsieur

Avec : Philippe Charron, Yann GaurinClarisse Grandsire,
Rachel Huonic-Boiron et Boris Pomier

Mise en scène : Corinne Calmels

Comédie.

Premières représentations les 10, 11, 12 / 17, 18, 19 / 24, 25 et 26 novembre 2022 à 20h30

Durée 1h45

Tout public

 

 

 

Cette comédie en trois actes de Marivaux, représentée pour la première fois en 1730, s’ouvre sur les états d’âme d’une jeune Marquise, Silvia, qui se voit promise à un jeune homme, Dorante, qu’elle ne connaît pas. Elle imagine alors, avec l’accord de son père Monsieur Orgon, un stratagème pour le rencontrer sans être reconnue, en échangeant de rôle avec sa suivante Lisette. Le hasard (ou l’amour ?) veut que Dorante, de son côté, propose la même idée à son valet Arlequin. Sous le regard amusé de Monsieur Orgon et de son fils Mario, maîtres et valets déguisés s’entremêlent dans une série de quiproquos et se débattent au nom de l’amour !

Quelques mots :

En dix-sept créations depuis sa fondation en 2000 à Toulouse, la cie Les Amis de Monsieur a toujours abordé des textes contemporains. Le choix des pièces, pendant environ 10 ans, venait de Corinne Calmels, metteuse en scène et directrice artistique de la compagnie. A partir de 2011, de nouveaux projets ont été initiés et soutenus par Jean Paul Bibé puis par Boris Pomier. Lors de notre dernière création nous sommes aventurés aux textes classiques en abordant une œuvre de Feydeau, cette année nous remontons au XVIIe siècle avec Marivaux.

Le choix des œuvres de la cie Les Amis de Monsieur.

C’est nouveau pour nous car nous n’avons jamais monté de pièce antérieure au 20e siècle. Aujourd’hui les intérêts que nous avons de monter « Le jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux sont multiples :

Pourquoi monter « Le jeu de l’amour et du hasard » aujourd’hui ?

En tant que comédien c’est un réel plaisir de pouvoir explorer et jouer ce texte. Malgré les trois siècles qui nous séparent de la première représentation de cette œuvre en 1730, le texte nous parvient toujours, il reste compréhensible. En effet, les répliques nous parlent encore même si l’on sent que le temps a fait son office… qu’un peu de poussière s’est déposée sur certaines expressions qui nous paraissent moins claires, ou nous échappent totalement. Phénomène naturel qui veut qu’une langue évolue à travers le temps. Mais la distance qui nous sépare de Marivaux ne nous empêche pas de savourer encore la finesse du verbe, la précision du rythme, l’enchaînement des situations ainsi que la structure de l’histoire.

Autrement dit, la résistance que nous offre ce texte nous permet de creuser et de chercher, nous amène à nous découvrir.

L’aspect culturel est forcément présent quand on aborde une pièce classique. Le théâtre est aussi un endroit où nous pouvons redonner vie à cet héritage, le transmettre et le partager. Il y a une dimension pédagogique au projet : celle de partager avec les plus jeunes ce qu’une pièce comme celle-ci à d’important à nous raconter sur notre histoire, celle du théâtre, de l’évolution des mœurs et du langage.

Le jeu de l’amour et du hasard aborde la complexité du discours amoureux. La question cruciale qui se pose est: comment dire son amour ? Et de quelle manière selon son rang ?
Comme l’indique Michel Corvin dans « Dictionnaire encyclopédique du théâtre », Marivaux s’intéresse aux rangs sociaux de son époque et aux différences que ceux-ci impliquent. Quelles contraintes peuvent nous imposer ces statuts dans les rapports sociaux ? Marivaux étudie nos rapports. Cette expérience passe par les différences de langages qu’emploient maîtres ou valets. Mais aussi par un travestissement de ces rôles. On s’aperçoit d’ailleurs que seuls les valets peuvent badiner. Un statut élevé n’est finalement pas gage de plus de liberté.

Si nous choisissons de monter cette pièce c’est pour toute sa richesse de langage, son modernisme et ses élans comiques.