Acting de Xavier Durringer

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Théâtre
De Xavier Durringer
Mise en scène : Corinne Calmels
Interprétation : Jean-Paul Bibé, Guillaume Destrem, Alain Férriol.

Edit 2018 : Ce spectacle initialement monté par la Cie Les Amis de Monsieur à été repris par La Belle Equipe et joue toujours.

Renseignements : Guillaume Destrem – 06.08.75.88.12

 

 

Dans une cellule de prison, Robert, acteur et metteur en scène condamné pour meurtre, rejoint Gepetto, un petit escroc et Horace, son mystérieux codétenu muet et insomniaque…Les liens se nouent entre Robert et Gepetto autour du métier d’acteur.

Mais les deux détenus ne lui donnent pas la même définition : Gepetto ne pense qu’au star-system ; Robert, lui, invoque Shakespeare, Stanislavski et l’art de l’acteur. Pourtant ce dernier va enseigner la comédie au premier ; dans cette cellule qui se transforme peu à peu en scène de théâtre, le maître pousse l’élève dans ses ultimes retranchements, au cœur des secrets du métier, et tente ce pari fou : faire de lui le plus grand acteur au monde. Et ce n’est pas gagné !
Avec sa langue toujours percutante, canaille, populaire, scabreuse, Durringer revient au texte par une mise en abîme de cet art qui ne finit pas de fasciner, le théâtre.

Note d’intention :

La cellule se transforme en théâtre…
Dans une cellule de prison, Robert, acteur et metteur en scène de théâtre, condamné pour meurtre, rejoint Gepetto, petit escroc. Horace, mystérieux codétenu, se tait et les observe…
Gepetto va demander à Robert qu’il lui enseigne le métier d’acteur. C’est autour de cette pratique que la relation va s’établir entre ces deux hommes que tout éloigne : leurs origines, leurs parcours de vie, leurs cultures, leurs conceptions même de ce que peut être un acteur et le théâtre.
Ce qui frappe sans nul doute à la lecture d’Acting, c’est qu’il y a dans cette pièce un équilibre miraculeux entre des éléments de pure farce et la profondeur des enjeux ; sans qu’en aucune occasion, cette coexistence ne soit complaisante ou habile ou que l’une des ces composantes ne soit l’alibi de l’autre.

La cellule, disais-je, se transforme donc en théâtre…
Ce théâtre est-il l’occasion d’échapper à sa condition, de « s’évader », ou finalement, ne devient-il pas lui-même (ou ne se révèle-t-il pas ?) une nouvelle prison ?
Destins de vies. Destins de prisonniers. Inéluctables. La justice a parlé et ils sont là pour de longues années. Destins de ces personnages. Apparemment libres mais fatalement confinés eux aussi à ce que leurs auteurs ont bien voulu qu’ils fussent. Et dans ce lieu si particulier, l’autre est à la fois l’intrus qui peut s’emparer de votre espace, matériel, mental, et que l’on chasserait volontiers (mais les murs sont là) et à la fois celui par le regard duquel on existe encore un peu.

La mise en scène cherchera le chemin de toutes ces dynamiques ambivalences, à restituer tous ces précieux équilibres. Et parce que ces questions de liberté, de sens donnés à nos vies, de libre-arbitre, résonnent bien sûr en nous tous, elle en explorera les contours.
Elle sera avant tout affaire de direction d’acteurs. Il s’agira de les aider à rendre sensibles et incarnés l’humour, les fausses légèretés, les ambiguïtés, les balourdises de l’un, les fatuités de l’autre, ces paradoxes et ces secrètes pulsions qui tissent la trame de cette comédie humaine aux saveurs de tragédie. A moins que ce ne soit le contraire.